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Le Son, l’Ouïe, les Diagnostics

Moi, mal entendre ? Pas du tout

Sous cette expression usuelle, se dissimule bien des drames humains avec la confusion des termes entendre et comprendre, avec le refus de l'évidence quand l'interlocuteur entendant réalise l'absence d'échanges.

Le déni de malentendance

Ce refus d'accepter sa différence, est encore plus aigu encore que le déni d’autres handicaps. Ceci peut s’expliquer par de nombreuses raisons outre le désir de normalité pour éviter une atteinte à son orgueil et la douleur d’être stigmatisé. Citons, la confusion sociétale entre surdité et troubles cognitifs, la grande facilité de dissimulation pour cet handicap invisible, la crainte d’irriter l’interlocuteur entendant par la demande de répétition, la proximité entre surdité et mauvaise santé physique et psychique, la perte du sentiment de sécurité et de bien-être.

La dissimulation ?

Relatons l’expérience de Nicolas, 34 ans, malentendant : « J’ai déjà fait des soirées où la personne en face de moi, je vais entendre 20% de ce qu’elle m’aura dit, mais je ne vais pas oser à chaque fois lui dire : « est-ce que tu peux répéter, est-ce que tu peux répéter, est -ce que tu peux répéter ? », parce qu'à partir d’un moment, la personne va en avoir marre. Sur 20% de ce qu’il m’avait dit, j’arrivais quand même à lui faire croire que j’entendais. » (2).
Étant donné le grand avantage qu’il y a à être considéré comme normal, quiconque, ou presque, est en position de faire semblant n’y manquera pas à l’occasion.E. Goffman (1)

L’ orgueil ?

Sylviane, 53 ans, devenue malentendante à 20 ans : « C’est le handicap invisible. On développe des stratégies incroyables. C’est assez édifiant. C’est une question d’orgueil. Une amie me racontait qu’elle allait chez un audioprothésiste et elle a rencontré quelqu’un dans le cabinet qui se cachait comme s’il se trouvait dans un bordel. On cache notre surdité.(...) On préfère passer pour grognons, asociaux. »(2)

Les stratagèmes

Pour les devenus sourds qui ont connu la “normalité”, les débuts sont difficiles et des stratagèmes sont mis en oeuvre : faire semblant d’avoir compris, rire avec les autres tout en ignorant pourquoi ils le font, cacher son appareil.
​​​​​​​Autre ruse, accaparer la conversation pour éviter de ne pas comprendre...

La honte

Gaston, 79 ans, devenu sourd à 35 ans : « Le défaut principal des devenus sourds, contrairement à celui des malvoyants, des paralysés ou même des sourds de naissance, c'est de ne pas accepter leur handicap, de le cacher, d'en avoir honte. Trop de devenus sourds ou malentendants recherchent les prothèses les plus petites, les plus dissimulables, même si c'est au détriment de leurs performances. Ils n'osent pas faire répéter, ils n’osent pas faire écrire... À cause de cette peur d'être incompris, d'être risibles, ils ne profitent pas toujours de l'aide qu'on peut leur apporter. Là je touche à un problème culturel, social. »

Quelles conséquences pour le déni ?

Un antagonisme peut vite s’instaurer entre les interlocuteurs quand les entendants de faible empathie, ou avec une susceptibilité individuelle, suspecteront le malentendant de jouer la surdité pour éviter une discussion pénible. Ceci altère définitivement la suite de la communication. Il s'ensuit pour le malentendant, un sentiment inconscient d’anxiété, d’isolement affectif évoluant parfois vers la dépression.

Et maintenant ?

Le malentendant peut accepter d'être diagnostiqué, mais le déni peut persister après la visite chez l'ORL. En moyenne, la durée de mise en oeuvre des solutions préconisées telles que appareillage et intervention est de 7 ans. Un délai largement suffisant pour que la surdité s'aggrave.

GD.
Le mot de la rédaction
À lire aussi
(1) Goffman, E.
1963 Stigma: Notes on the management of spoiled identity. Englewood Cliffs, N.J.: Prentice-Hall.
1973 The presentation of self in everyday life . Woodstock, N.Y.: The Overlook Press.
(2) LE RAPPORT À LA SANTÉ DES PERSONNES SOURDES, MALENTENDANTES OU AYANT DES TROUBLES DE L’AUDITION : RESULTATS D’UNE ÉTUDE QUALITATIVE (INPES).
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