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Acouphènes & Syndromes

Acouphènes

Un symptôme ou “pathologie” étrange, l'Acouphène, appelé aussi dans le monde anglo-saxon « tinnitus ». C’est une sensation auditive non liée à un son généré par une vibration d'origine extérieure à l'organisme et inaudible par l'entourage.

Épidémiologie

Combien de personnes ?

La prévalence européenne, japonaise ou américaine serait autour de 10% de la population adulte. Cette prévalence augmente avec l'âge. Les hommes seraient autant atteints que les femmes. Les acouphènes ne seraient pas rares chez l'enfant. Ce phénomène commun affecte environ 15% de la population à un moment ou à un autre de la vie, et près de 50% des consultations ORL chez les adultes ont pour objet les acouphènes ! En valeur absolue  3,7 millions de personnes en France souffriraient d'acouphènes fréquents, 12,3 millions d'acouphènes « de temps en temps ». (Chiffres de l'association Journée Nationale de l'Audition.) Une enquête au Royaume-Uni en 1981 révélait que 17% de la population souffrait d'acouphènes permanents d'intensité variable. L'OMS estime à environ 36 à 40 millions le nombre de personnes souffrant d'acouphènes et d'hyperacousie. Appellés à tort acouphènes chroniques car ils ne cessent jamais, certaines personnes ne connaissent jamais de répit dans cette pathologie que le corps médical ne qualifie que de simple symptôme.

Quelles manifestations ?

Les manifestations sont multiples : battements, grésillements, sifflements, cliquetis de montre, ou encore sensation de craquement. Itératif ou régulier, parfois pulsatile et synchrone aux battements du cœur. Ce sont rarement des sons purs comme des notes de musique ! L'acouphène peut être unilatéral, soit ne concernant qu'une seule oreille ou bilatéral. Le son peut sembler venir de l'intérieur de l'organisme ou de l'extérieur.
Les cas graves sont assimilables à de véritables douleurs chroniques. Le ou les bruits perçus peuvent avoir des niveaux divers. Selon les cas, les personnes atteintes peuvent endurer des bruits d'intensité plus ou moins élevée, allant d'un simple rasoir électrique à une tondeuse à gazon ou à un réacteur d'avion. Dans 25% des cas, les acouphènes sont intolérables, allant jusqu'à une forte détérioration de la vie quotidienne, de la concentration et du sommeil et imposant une prise en charge.
Ceux-ci peuvent s'accompagner la plupart du temps de surdité, parfois d'hypersensibilité aux sons extérieurs ou hyperacousie dans 40% des cas ou encore d'hyposensibilité ou hypoacousie. Ils ne s'accompagnent généralement pas de lésions du tympan.
La perception douloureuse est différente entre deux patients d’acouphènes dits similaires, faible pour l'un et insupportable pour l'autre.

Mécanismes en cause

Une tentative du cerveau pour compenser la perte d'audition ?

Excluons tout de suite les rares cas d'hallucinations auditives qui relèvent de la neurologie et non de l'audition.
Excluons encore les acouphènes centraux. L’acouphène central est un acouphène qui a pris son origine dans le cerveau, cela ne doit représenter qu'une très faible proportion des cas.
Les acouphènes objectifs (1% des cas) sont des bruits générés par l’organisme et perçus par l’oreille de la personne qui en souffre. Les origines les plus communes de ces acouphènes sont une anomalie vasculaire de proximité, des contractions musculaires rythmiques anormales, ou encore un défaut articulaire de la mâchoire. Le diagnostic est facile et il existe souvent une solution thérapeutique adaptée.
Les acouphènes subjectifs, d'origine cochléaire (les plus nombreux)  : plusieurs hypothèses ont été avancées sur le lien entre acouphènes et pathologies de l'oreille interne (cochlée). Si on ne sait pas exactement ce qui cause les acouphènes, la recherche suggère qu'ils résultent de la tentative du cerveau pour compenser la perte d'audition. Le bruit excessif (sons traumatiques) est cause n°1, mais des problèmes vasculaires ou le vieillissement peuvent aussi être en cause.
Le traumatisme acoustique détruirait la synapse entre la cellule ciliée et le nerf auditif.
La fibre auditive entrerait dans un mécanisme d'auto-excitation entretenue : envoie au cerveau des messages permanents : c'est l'acouphène. Ce dérèglement est temporaire, mais il peut aussi se propager aux autres synapses de la voie auditive et devenir permanent.

Les facteurs favorisants

Ils sont d’abord l'utilisation des écouteurs et de l’amplification du son, pratique généralisée qui a fortement augmenté le nombre de personnes souffrant d'acouphènes. Expérimentalement, la suppression de l'écoute par ce moyen permet souvent une diminution du symptôme, voire sa disparition. Le problème est aussi bien connu des musiciens grands utilisateurs d’écouteurs. C'est par exemple le cas de Phil Collins, du guitariste des Who Pete Townshend, d'Ozzy Osbourne, Danny Elfman, Barbara Streisand, Éric Clapton et de beaucoup d'autres musiciens.

D'autres causes sont également possibles comme :
- Médicaments ototoxiques (certains antibiotiques, aspirine, diurétiques, quinine, anti-inflammatoires et traitements de chimiothérapie, dont les plus toxiques sont à base de dérivés des sels de platine)
- Traumatismes sonores (concert, discothèque, feu d'artifice, pétard...) : 65% des cas en France
- Surdité brusque
- Barotraumatisme de l'oreille internet (accident de plongée)
- Traumatisme crânien (particulièrement après une fracture)
- Neurinome et/ou tumeur de l'angle ponto-cérébelleux
- Syndrome de sevrage aux benzodiazépines (après arrêt ou entre deux doses)
- Infections chroniques
- Otosclérose
- Maladie de Ménière, dysfonctionnement neurologique
- Trouble vasculaire (hypertension, stress, flux sanguin)
- Bouchon de cérumen 
- Anémie sévère et insuffisance rénale
- Borréliose (dont maladie de Lyme)
- Grand état de fatigue généralisée
- Spasmophilie
- Problèmes d'orthoptie
- Troubles mentaux (stress, dépression, hallucinations auditives, hypocondrie, psycho-somatisation, sensibilité électromagnétique...)
- Béance tubaire, dysfonctionnement de la Trompe d'Eustache
- Un mauvais paramétrage d'appareillage auditif effectué par l'audioprothésiste. Ceci peut paraître contradictoire car les appareils auditifs sont aussi utilisés pour masquer les acouphènes.

Les facteurs les plus fréquemment retrouvés sont aussi un trouble de l'audition pré-existant, la notion d'un antécédent de traumatisme crânien, un syndrome dépressif.

Les traitements

Dans 95 % des cas, les acouphènes ne sont pas graves. Les traitements sont délicats et adaptés aux causes déclenchantes, à la sévérité de l’acouphène, à l’anxiété et la dépression souvents associés. Les méthodes de relaxation ou de dérivation de l'attention sont très utiles car plus on prête attention aux acouphènes et plus on essaie de lutter contre eux, plus ils deviennent gênants. Ces traitements comportementaux font appel à un psychothérapeute ou un neurologue. La tentation est grande de s’isoler tant les bruits courants sont insupportables. Or les médecins conseillent au contraire de rester actif.
Un traitement adjuvant physique est alors souvent proposé : le générateur de bruit. Il s’agit d’un appareil indépendant ou d’un fichier son ou d’une option d’un appareil auditif,  producteur d’un bruit blanc régulier qui couvre toutes les fréquences de l’audition, au même niveau ou bruit rose, bruit régulier aussi avec plus de fréquences aigües  ou encore de bruits choisis de la nature, mer ou oiseaux par exemple.
Répétés sur toute la durée du traitement (6 à 12 semaines par exemple), le cerveau détourne son attention et apprend à considérer ces nouveaux bruits comme sans importance et à les accepter. Parallèlement, il apprend progressivement à considérer l’acouphène de la même manière et la perception de son intensité diminue.
Attention : l’écoute doit être à un niveau faible, juste au dessus du seuil d’audition sauf à endommager l’audition.
 
Les générateurs de bruit seuls peuvent être utiles la nuit pendant que les aides auditives se rechargent mais un risque d’aggravation du déficit auditif a été rapporté.

Les fabricants

Les fabricants d’appareils auditifs proposent des générateurs de bruits paramétrables en options de leurs aides auditives.
 
Pour Phonak, la technologie “Tinnitus Balance” est associée à une application réglable à distance.
 
Pour Signia Siemens le générateur de bruit offre 4 signaux thérapeutiques et 20 canaux de programme, avec ou sans fonctionnement de l’aide auditive.
 
Pour Widex encore, le générateur de bruit est associé à l’application “Programme Zen”avec des exercices de relaxation pour un meilleur sommeil.
 
Pour Oticon, la gamme PERFORMANCE offre l’option générateur de son “Tinnitus SoundSupport” : bruit blanc et bruit rose, sons de l'océan.
 
Pour Starkey, les aides auditives RIC offrent le programme “Tinnitus Multiflex”, réglable à distance.
 
3 conseils pour bénéficier de ces traitements :
· porter les aides auditives au réveil
· porter 8 heures par jour minimum pour profiter de la solution anti-acouphène
· vivre dans un environnement avec des bruits de nature car le silence favorise l’apparition et la perception de l’acouphène

Traitements médicaux et traitements d'urgences

Les traitements médicaux contre l'acouphène comprennent les vasodilatateurs, les anxiolitiques, et les antidépresseurs qui ne sont pas efficaces sur les acouphènes eux-mêmes, mais peuvent améliorer une dépression associée.
D'autres traitements comprennent les chirurgies, prothèses et thérapies physiques. Un traitement combinant l'émission de sons et une thérapie cognitive-comportementale a fait la preuve d'une efficacité. La Tinnitus Retraining Therapy associe une formation du patient sur les mécanismes de l'acouphène à une thérapie acoustique qui, selon la gravité de l'acouphène, consiste en :
- l'implantation d'une prothèse auditive (ou un implant cochléaire si nécessaire)
- la pose de générateurs de sons à large bande de faible volume
- l'enrichissement de l'environnement sonore.
Le traitement d'urgence « standard » lors d'un traumatisme sonore aigu (TSA) entraînant des acouphènes est à base de corticoïdes et stimulant dopaminergique. À partir du moment où le son perçu commence à diminuer en intensité, c'est que le patient est en bonne voie de guérison.

Où en est-on ?

Dans l'état actuel des connaissances et en attendant la traduction en clinique de certaines avancées expérimentales, il n'existe pas de traitement curatif des acouphènes mais comportemental : la prise en compte perceptive de l'acouphène est souvent la meilleure stratégie thérapeutique. On sait par exemple que la perception de l'acouphène varie énormément entre les sujets, et que pour un même sujet cette perception est lourdement augmentée par un état d'anxiété.
Les traumatismes auditifs étant une des causes d'acouphènes, il est important de les éviter. Des réglementations existent qui limitent le volume sonore dans les lieux publics à 105 dB en France et 90 dB en Belgique ! Celui des baladeurs avec un maxi de 100 dB en France. Au niveau individuel, il est indispensable d'utiliser une protection auditive casque ou bouchons de mousse lorsqu'on se sert d'un outil électrique bruyant ou que l’on assiste à un concert de musique amplifiée.
Le mot de la rédaction
Les recherches thérapeutiques sont nombreuses, avec de nombreuses questions relatives au modèle animal, difficilement utilisables et aux conditions d'administration locales à privilégier. Dans l'attente, priorité est souvent donnée à la prise en compte perceptive de l'acouphène.
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